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Epipactis helleborine var. minor - Une possible variante en Vienne du nord et ailleurs.


Epipactis helleborine var. minor
Une possible variante en Vienne du nord et ailleurs….


Epipactis helleborine var. minor


Il y a déjà quelques années, nous avions eu l’occasion de nous pencher sur le cas d’un Epipactis de petite taille en Nord Vienne. Nous participions à la cartographie des orchidées du Poitou-Charentes et Vendée et bien sur, nous pensions peut-être avoir découvert là, une nouvelle espèce pour notre département. Nous penchions alors, pour Epipactis helleborine var. minor. Par la forme particulière de l’épichile sur certains pieds, peut-être également à un morphe possible d’Epipactis leptochila

En 1995, quelques exemplaires avaient été envoyés à Monsieur Alain Gévaudan, (orchidophile très averti des Epipactis) pour une identification. Sa réponse fut catégorique, nous n’étions pas en présence d’une variante d’Epipactis leptochila, pour la bonne et simple raison que la masse pollinique n’était pas pulvérulente. Cette caractéristique très importante, nous avait complètement échappé. Notre  mentor penchait plutôt pour un écotype d’Epipactis helleborine, puisque cette orchidée est très polymorphique.La variante minor étant pour lui, sujette à caution.

Pour la France, jusqu’en 2004 n’était connu que, Epipactis helleborine var. helleborine et Epipactis helleborine var. minor (Engel 1984), cette dernière, d’après la littérature, faisant l’objet de nombreuses discussions, notamment pour sa répartition qui se bornait à seulement 3 départements : Bas-Rhin, les Vosges du nord, Yvelines (forêt de Rambouillet). Depuis la Cartographie des orchidées de France réalisée en commun avec le Muséum d’Histoire Naturelle, étend son implantation possible à l’Indre-et-Loire, la Haute-Garonne, la Haute-Loire, le Loir-et-Cher ainsi que l’Ardèche.
Il est à noté toutefois qu’un auteur renommé comme P. Delforge dans sa dernière éditions du Guide des orchidées d’Europe d’Afrique du Nord et du Proche Orient, considère cette var. comme un synonyme.
Suite à cette var. minor d’autres descriptions on été faites :

Epipactis helleborine var. orbicularis (Delforge 2005), se différenciant «  par des feuilles plus arrondies, plus courtes que leur entrenoeud respectif et par une inflorescence plus allongée. N.B N° 92 (Orchid. 24)

En 2011, c’est Epipactis helleborine var. castanearum qui est proposée dans le N° 92 (Orchid. 24) des Naturalistes Belges par Messieurs : Alain Gévaudan, Michel Nicole et Jean Philippe Anglade.

Sa répartition actuelle ne concerne que le sud de la France : Ardèche et l’Hérault, mais les auteurs pensent qu’elle peut s’étendre certainement à d’autres départements limitrophes.


Description succincte des auteurs :

Etymologie  : castanearum, des châtaigniers

« Diffère d’Epipactis helleborine var. helleborine par le port plus grêle, la tige très fine (rapport hauteur de la plante / épaisseur tige sous l’inflorescence > 300, les feuilles de petites taille, subdistiques, l’inflorescence laxiflore et pauciflore, la floraison précoce, débutant à la fin de mai.

Croît sur substrats acides dans les châtaigneraies et les yeuseraies supraméditerranéennes.

Epipactis helleborine var. castanearum.

Epipactis helleborine var. castanearum
Photos : origine : N.B. N° 92 (Orchid. 24) pages 40 et 41

Tableau comparatif des caractéristiques d’ E. helleborine et ses variantes.
Tableau : origine :
N.B  N° 92 (Orchid. 24. p. 39)

Tableau de comparaison entre Epipactis helleborine et Epipactis var. castanearum.

Planche d'herbier de l'Epipactis castanearum Herbier  : var. castanearum
Origine : N.B. N° 92 (Orchid. 24)



Epipactis helleborine var. minor décrite dans les Orchidées de France, Belgique et Luxembourg, (édition de 1998)
Description :
Etymologie :
du latin MINOR (plus petit que) allusion à la petite taille de la plante par rapport au type.
Tige : 20-50 cm, flexueuse, glabrescente à la base, faiblement pubescente au niveau de l’inflorescence, blanchâtre +/- lavée de violet.
Feuilles : alternées, moyenne, 10 x 5 cm, ovales lancéolées, étalées à pendantes, plus longues que les entrenoeuds, vert foncé.
Bractées : courtes, les 2-3 inférieures seules dépassant la longueur des fleurs.
Inflorescence : à fleurs peu nombreuses. Fleurs moyennes, habituellement ne s’ouvrant pas totalement, de couleur variable.
Périanthe : à divisions lancéolées ; sépales longs de 8 mm vert clair lavé de rose à la face interne ; pétales blanchâtres ou à teinte rose +/- intense.
Labelle : hypochile et épichile de couleur peu contrastée variant du blanc au vert clair ou au rose tirant sur le rouge  ; épichile à sommet large et rabattu.
Ovaire : faiblement pubescent.
Floraison  : tardive en août et septembre.
Conditions stationnelles : à basse altitude ; à mi-ombre ; substrat : frais, acide, sur grès ou sables ; zones de lisières dans des hêtraies ou des pinèdes.

 (D’après l’ouvrage de la S.F.O. : Les Orchidées de France, Belgique et Luxembourg)- (O.F.B.L.)


Observations :

Plantes de taille réduites fleurissant 2 à 3 semaines plus tard que le type, qui se rencontre dans le même secteur, mais dans des milieux différents, ce qui pourrait justifier le niveau de sous-espèce.Proche d’Epipactis meridionalis H.Bauman & Lorenz 1998 décrit du sud de l’Italie.

 Autre descriptif succinct : N.B N° 92 (Orchid. 24)
(Il se distingue par une petite taille, un port grêle, des feuilles étroitement lancéolées, une inflorescence lâche composée de petites fleurs et une phénologie tardive par rapport à E. helleborine var. helleborine à la même altitude.)

Planche d'herbier de la variété castanearum d'Helleborine

Herbier : var. minor  
Origine  : Orchidées sauvages   d’ Alsace et des Vosges

Herbier : var. castanearum
Origine : N.B. N° 92 (Orchid. 24)
Aspect typique des feuilles en spirale et de l'inflorescence d' Epipactis helleborine

Feuilles spiralées et inflorescence densiflore chez Epipactis helleborine
var. helleborine

feuilles distiques et inflorescence lâche chez l'Epipactis du nord de la Vienne.

Feuilles distiques et inflorescence pauciflore chez notre Epipactis helleborine var. ? du Nord Vienne      

Dentelure de l'Epipactis du nord de la vienne semblable à celle d'Epipactis helleborine

La dentelure de la feuille semble la même que celle d’ Epipactis helleborine var. helleborine

Description succincte de notre Epipactis du Nord Vienne :

La description de la var. minor, semble correspondre assez bien à notre E. helleborine du Nord Vienne.
Plante : grêle, une tige fine, haute de 15 à 40cm, des feuilles de tailles variables suivant les individus, espacées, lancéolées, alternées + /- sur un même plan (non spiralées), une inflorescence réduite et laxiflore ; sur certains pieds, l’épichile de la fleur est +/- allongé en pointe et +/- recourbé en arrière. La plante croît sur sol sableux, de mi-ombre à ombre, toujours en compagnie d’ Epipactis helleborine, sa floraison débute vers la fin juillet un peu après E. helleborine, sa floraison s’achève vers la fin août septembre. Les plantes sont encore en fleur alors qu’ E. helleborine est déjà en fruit. On n’a pas rencontré Epipactis muelleri aux alentours. Depuis 1995, au fil des années, ces plantes sont toujours çà et là présentes, parmi les populations d’ Epipactis helleborine var. helleborine.

Sur les photos ci-dessous nous pouvons voir que le port varie, les feuilles également mais qu’elles sont toutes laxiflores et pauciflores.


Epipactis du nord de la vienne, proche d'Epipactis minor.
Epipactis du nord de la Vienne

Les inflorescences sont également très différentes
d’Epipactis helleborine var. helleborine

Epipactis helleborine var minor
Epipactis helleborine var minor

Que conclure, sinon que nous avons là, une plante du genre Epipactis helleborine, dont la morphologie semble très proche de la variante minor. La date de floraison, bien plus prime (V VI) de la variante castanearum ne peut convenir, bien qu’une certaine ressemblance existe dans le port général de la plante.
En Nord Vienne, il est vrai, que la date de floraison est un peu décalée par rapport aux descriptions. Sa hampe floral très laxiflore et pauciflore, ainsi que le port général de la plante, tend sérieusement en faveur d’Epipactis helleborine var. minor.

Forme viridiflore de l'Epipactis du nord de la Vienne Il serait souhaitable avant de s’engager pour cette variante que d’autres orchidophiles fassent connaître leurs propres découvertes dans notre région Poitou-Charentes, ainsi que le département de la Vendée avant de statuer.

Pillosité et pédoncule floral de l'Epipactis helleborine var.minor.

Détail de la pilosité de la tige et de la coloration de la base du pédicelle           Individu viridiflore



Bibliographie :

- L’Orchidophile, Bulletin N° 63 (pages 663 à 665) de la S.F.O, Octobre 1984
- Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée Edition Méloé, 1995
- Les Orchidées de France Belgique et Luxembourg : Ouvrage collectif sous l’égide de la S.F.O, Collection Parthénope, 1998
- Orchidées sauvages d’Alsace et des Vosges : édition du Griffon, 2002
- Les Orchidées sauvages de France grandeur nature,
 Rémy Souche, édition du Pélican, 2éme tri. 2004 
- Catalogue of European Orchids : C.A.J Kreutz, Décembre 2004
- Guide des Orchidées d’Europe d’Afrique du Nord et du Proche-Orient
 *par Pierre Delforge, 3éme - édition 2005
- Les Orchidées de Poitou-Charentes et de Vendée, Collection Parthénope, Octobre 2007
- Les NATURALISTES BELGES volume 92 (Orchid 24), hors série 2011
- Atlas des Orchidées de France

 

Rédaction : un des membres de la S.F.O – P.C.V.
Illustrations photographique : l’auteur de l’article, excepté celles annotées par « Origine ».

N.B :  voir également les sites Web, qui sous la rubrique « Epipactis helleborine subsp. minor », proposent de nombreuses et diverses photos de la plante.