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SEJOUR ORCHIDOPHILE ET BOTANIQUE dans le Vercors et le Buëch du 5 au 9 juin 2012 - Page 1.

 

Comme tous les ans, et dans le but d’étendre ses connaissances hors Poitou-Charentes et Vendée, la SFO PCV a organisé son voyage d’étude hors région, cette année, dans le Vercors. La session s’est étalée du 5 au 9 juin et nous a permis de nous familiariser avec pas moins de 40 espèces d’orchidées et nombre de leurs hybrides.


 
 
 
 
 


 
 
 





SÉJOUR ORCHIDOPHILE ET BOTANIQUE

DANS LE VERCORS ET LE BUËCH

DU 5 AU 9 JUIN 2012.

Martine Bréret et Dominique Patier


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Introduction et Géologie




Pourquoi se priver d’une région qui nous avait tant enthousiasmés en 2004 ? Huit ans plus tard, pour notre voyage annuel, nous retournons donc dans le sud du Vercors, en Isère, avec en supplément une découverte du Pays de Buëch situé dans la partie occidentale des Hautes-Alpes. Yves Wilcox nous avait trouvé un hébergement dans le Trièves, non loin du précédent, à Saint-Maurice-en-Trièves. Il s’agit d’un Centre d’hébergement pour personnes handicapées moteurs : l’Hermitage Jean Reboul qui,  lorsqu’il n’y a pas de pensionnaires, accueille des groupes de passage. Le Directeur, Frédéric Charpentier, nous expliquera l’historique et la finalité de ce centre et nous prêtera un DVD où le dévouement et l’abnégation du personnel face à ces personnes nous laisseront sans voix à la fin de la projection ! En échange, nous lui indiquerons les différentes espèces d’orchidées présentes sur le domaine (7 au total : A. pyramidalis, C. damasonium, L. ovata, N. ustulata, O. anthropophora, P. bifolia et Epipactis sp.). Il avait interdit de tondre la pelouse avant notre arrivée. Heureusement !

 Reprenant nos habitudes, Éric Guillet anime la première soirée grâce aux photos de Cactus, Aloès et autres Euphorbiacées de sa serre, plantes aux magnifiques fleurs des déserts d’Amérique du Sud principalement, mais aussi du sud des États-Unis


UN PEU DE GÉOLOGIE :

Nous avions déjà fait un descriptif général de la géologie de l’ouest des Alpes dans le compte rendu de notre voyage en 2004. Rappelons-en ici les principaux épisodes pour nous les remettre en mémoire.

La région se situe dans ce qu’on appelle les Préalpes calcaires, comparées aux Alpes cristallines plus à l’Est et plus élevées. À l’Ère Secondaire (-230 à -65 millions d’années), une mer - la Téthys occupait notamment l’actuel emplacement des Alpes. Vers -120 millions d’années, au Crétacé, c’est même une barrière de corail située dans une mer chaude et peu profonde qui prospérait dans la région concernée.


Les sédiments, suivant la profondeur de dépôts, ont donné naissance soit à des calcaires, dans les mers peu profondes, soit à des marnes et marno-calcaires dans les plus profondes. Il résulte de cette sédimentation un empilement de plusieurs kilomètres d’épaisseur où alternent les calcaires durs et les marnes plus tendres. Cette phase de sédimentation dure de -150 à -65 millions d’années. Au Tertiaire, la rencontre de la plaque africaine avec notre plaque eurasienne provoque le soulèvement pyrénéo-provençal, puis alpin. Les roches formées à partir de ces sédiments, soulevées dans un premier temps, basculent vers l’ouest et se fracturent. De -22 à -5 millions d’années, les parties basses du Vercors sont encore recouvertes par la mer. Elle y dépose les résidus de l’érosion des massifs alpins plus élevés et émergés : galets, sables et argiles qui se cimenteront et formeront des roches qu’on appellera des molasses.

À la fin de cette époque, la mer recule sous l’effet d’une phase importante de soulèvement et donne aux Alpes leur aspect actuel. À l’air libre, le Vercors se retrouve alors modelé par les mécanismes d’érosion, essentiellement liés à l’eau et aux glaciers. Il présente une alternance de versants verticaux, correspondant à l’érosion des calcaires durs, et de versants obliques, correspondant eux à l’érosion des marnes tendres (voir schéma). Nous retrouvons ces roches calcaires sur tout le front ouest des Alpes soit, du sud au nord : la Provence, le Vercors, le Dévoluy, la Chartreuse, les Bauges et le Jura. Dans le Vercors, les marnes et les molasses s’opposent aux calcaires par leur comportement vis-à-vis de l’eau. Imperméables, elles permettent la formation d’un véritable réseau hydrographique en surface, contrairement au calcaire qui lui, forme des réseaux karstiques profonds.



Le récif corallien a donné un calcaire dur appelé Urgonien (Crétacé inférieur). C’est lui qui forma l’ossature des plateaux du Vercors et donna la chaîne du Moucherolle. Cette ossature, au fil des failles et de l’érosion, s’est fracturée pour donner des pans de murailles tels que le Mont Aiguille ou le Grand Veymont. Mais ce calcaire repose sur des marnes, et le ravinement du socle provoque des effondrements. L’altitude du sommet du Mont Aiguille, de 2097 m en 1940, est passé à 2086 m actuellement (pour information, notons qu’il y a eu 5 paroisses englouties et environ un millier de victimes en 1248 sous l’effondrement d’un pan du Mont Granier dans la Chartreuse, dont la structure géologique est comparable à celle du Vercors).

Les régions périphériques du plateau du Vercors sont formées de collines culminant de 200 m à 900 m constituées de molasses du Miocène. Le Trièves en fait partie. Et entre les collines, on trouve dans les vallées de grandes surfaces plates. Elles sont constituées de galets non cimentés, amenés des plateaux par les torrents lors du creusement de leurs lits. Quant au Pays de Buëch, il est constitué lui aussi de roches de calcaire dur et de roches tendres marneuses. Mais la disposition de ces roches qui ont été redressées pour atteindre parfois un pendage de 90°, explique l’alternance de vallées creusées dans la marne et de versants très raides, parfois verticaux, constitués de calcaire dur.

Voilà simplifiée l’histoire géologique de la région, et c’est dans cet univers marno-calcaire que nous allons de nouveau herboriser.




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